L’imagination.—Charron a puisé dans ce chapitre la 카지노사이트 plupart des idées qu’il exprime au ch. 17 du liv. I de son Traité sur la Sagesse.

134,
18, Sagesse.—Ce Vibius Gallus était rhétoricien de profession. Il s’imagina que les emportements de la raison, représentés devant ses auditeurs, captiveraient leur esprit; et, par le soin qu’il prit à contrefaire le fou, il le devint effectivement. «C’est le seul homme que je sache, dit Sénèque le Rhéteur, Controv., II, 9, à qui il est arrivé de devenir fou, non par accident, mais par acte de jugement.»

21, Imagination.—On a vu maintes fois des patients mourir sur la table d’opération, avant même que le chirurgien eût commencé.—En 1794, Hébert, ce terroriste qui avait envoyé de si nombreuses victimes à l’échafaud, appelé à son tour à y monter, fut si faible devant la mort que ses jambes ne le portaient plus; il fallut, lorsqu’on le descendit de la charrette, l’asseoir sur le pavé. A la vue de la fatale machine, il s’évanouit; il était sans vie, lorsqu’on l’attacha sur la bascule; on ne guillotina qu’un mort.—Au collège royal d’Aberdeen, en Angleterre, des étudiants ayant à se plaindre du portier, s’en saisissent et lui annoncent qu’ils vont lui trancher la tête; ils l’agenouillent les yeux bandés et le frappent à la nuque avec une serviette mouillée; quand on le relève, il a cessé de vivre.—Lors du cataclysme qui, en 1902, ravagea la Martinique et détruisit la ville de Saint-Pierre, tous les navires qui étaient dans la rade périrent consumés par les flammes. Un seul, le «Roddus», parvint à s’échapper indemne; on n’y découvrit pas moins, une fois en sûreté, dans le salon du bord, les cadavres de plusieurs matelots qui, effrayés par la soudaineté de l’éruption et la pluie de feu, avaient dû se réfugier en toute hâte dans cette pièce et y étaient morts de peur, car ils ne portaient aucune trace de blessure. Fulbert Dumonteil.

28, Cruentent.—Montaigne a rendu lui-même, avant de les citer, l’idée exprimée dans ces deux vers de Lucrèce, dont la traduction textuelle est la suivante: «Semblables aux flots tumultueux d’un fleuve franchissant toute limite, les amoureux inondent leurs vêtements.»

31, Italie.—Valère Maxime, V, 6, qualifie Cippus de préteur et dit qu’étant sorti de Rome en habit de général et l’accident dont parle Montaigne lui étant arrivé, les devins déclarèrent qu’il serait roi, s’il retournait à Rome; sur quoi, il se condamna volontairement à un exil éternel. V. aussi Pline, XI, 58.

35, Refusée.—En 546, Crésus, roi de Lydie (Asie Mineure), avait un fils muet de naissance. Lors de la prise de sa capitale par les Perses, l’un d’eux allait tuer le roi qu’il ne connaissait pas, lorsque son fils qui était à ses côtés, saisi d’effroi, fit un effort qui lui rendit la voix: «Soldat, se serait-il écrié, ne tue pas Crésus!» et, pour le reste de sa vie, il conserva la faculté de parler. Hérodote, I, 85.

37, Ame.—Antiochus, fils de Séleucus Nicator roi de Syrie, dépérissait. Erasistrate, son médecin, ne pouvant en pénétrer la cause, pensa qu’il se F.307 mourait d’amour, et, pour connaître l’objet de sa passion, imagina de mettre la main sur le cœur du malade et de faire défiler devant lui toutes les personnes de son entourage. A l’entrée de chacune, le jeune homme resta parfaitement calme, jusqu’à l’arrivée de Stratonice, sa belle-mère; à ce moment, il change de couleur, une sueur froide l’envahit, un frisson s’empare de lui, son cœur palpite; ces mouvements révèlent au médecin ce qu’il voulait connaître et il déclare au roi que le seul moyen de sauver son fils est de l’unir à la princesse; Séleucus consentit à la lui céder. Lucien, Traité de la déesse de Syrie.

38, Nopces.—Outre cet exemple de changement de sexe, Pline, Hist. nat., VII, 4, en cite plusieurs autres, mais aucun en sens inverse d’homme changé en femme; Ausone leur consacre une de ses épigrammes.—Le fait se présente de temps à autre, mais plus apparent que réel, ne tenant en quoi que ce soit du merveilleux; chez la plupart, il n’est que le fait de fausses déclarations, faites à la naissance par les parents qui espèrent de la sorte éviter à leur fils le service militaire. Cependant, en dehors de toute supercherie, il naît parfois des hermaphrodites; les Romains avaient pour principe de les détruire; de nos jours, on les admet à l’existence comme tous autres. Cette année même (1906), à Charlottenbourg (Prusse), un nouveau-né aurait été inscrit à l’état civil sans indication de sexe, l’accord n’ayant pu se faire sur sa détermination, et l’on aurait remis à l’avenir de décider la question.

41, Iphis.—Lors de la naissance d’Iphis, son père, partant en voyage, avait ordonné que si c’était une fille, ce qui arriva, elle fût exposée. Sa mère, pour la sauver, déguisa son sexe et l’éleva comme un garçon. Quand vint le moment de la marier, durant la cérémonie nuptiale, les dieux, cédant à ses prières et à celles de sa mère, la changèrent en garçon; et, par reconnaissance, Iphis offrit un sacrifice à Isis (une des divinités principales de l’Égypte, personnification de la nature), inscrivant sur un ex-voto le vers que cite Montaigne. Myth.

136,
1, François.—Vitry-le-François s’écrit et se prononce encore avec un O. Cette ville a été bâtie par François Ier, pour recevoir les habitants de Vitry-le-Brûlé, bourg distant d’environ 5 kil., que Charles-Quint venait de détruire (1554).

2, Soissons.—En 1580. Dans son journal de voyage, Montaigne écrit: «Nous ne le sceumes voir, parce qu’il estoit au village». Il y est dit aussi que ce fut l’évêque de Châlons, et non de Soissons, le cardinal de Lenoncourt, qui lui donna ce nom de Germain. Le Clerc.

9, Marie Germain.—Le fait est mentionné par Ambroise Paré; c’était, dit-il, une jeune paysanne du nom de Marie Garnier qui, à l’âge de quinze ans, gardant les moutons et ayant sauté un fossé, éprouva une vive douleur et se trouva avoir changé de sexe; on lui donna alors le nom de Germain. Ce devait être, ajoute le célèbre chirurgien de l’époque, un véritable garçon, dont les organes étaient jusque-là demeurés à l’intérieur. Cuvier.—En 1907, à Savia (Italie), est né un enfant hermaphrodite, chez lequel les médecins n’ont pas été d’accord sur le sexe prédominant.—La duchesse d’Orléans, mère du Régent, sous Louis XV, parle dans ses Mémoires de Marie Germain, et avoue avoir, dans l’espoir de devenir homme comme elle, fait, elle aussi, des sauts si terribles que c’est miracle si, cent fois, elle ne s’est pas rompu le cou.

16, Dagobert.—Ce roi, dit la légende, était couvert de lèpre; s’étant dévotieusement frictionné avec la rosée de certain lieu d’une vénération particulière, il en fut miraculeusement guéri, ne conservant que les cicatrices de ses plaies.

16, Saint François.—Deux ans avant sa mort (1224), saint François d’Assise étant en prière, tomba en extase; le Christ sur la croix lui apparut, et, en même temps, il se sentit comme percé de trous dans tous les membres où les clous avaient été enfoncés dans ceux de Notre-Seigneur; et F.308 depuis il en conserva les cicatrices.—Ce fait de stigmates a été relevé à diverses reprises; en des temps rapprochés, en 1843, il a été assez longuement question d’un cas semblable, chez trois vierges, dans le Tyrol. En ce qui touche saint François d’Assise, le fait a été accepté par l’Église qui a institué une fête en cet honneur; ce qui n’a pas empêché un incrédule d’avancer qu’au dire des Jacobins, adversaires des Cordeliers dont saint François est le fondateur, ces stigmates avaient été produits par saint Dominique armé d’une broche, lors d’un différend survenu entre eux.

19, Autre.—Cet autre, c’est Restitutus. Cité de Dieu, XIV, 24.

22, Haleine.—Les extases, plus ou moins prolongées, sont un fait courant que la science explique dans une certaine mesure et qu’on arrive même assez aisément à provoquer chez certaines personnes, par le magnétisme.

27, Visions.—«Des miracles», ajoutent toutes les éd. ant. et l’ex. de Bordeaux.

32, Liaisons.—«Des mariages», ajoutent les éditions antérieures. Il s’agit ici de nouement d’éguillettes, ou impuissance momentanée empêchant la consommation du mariage, attribuée alors à des maléfices et qui jadis était l’objet de bien des préoccupations: Virgile semble y faire allusion; l’Écriture sainte relate la peine de mort contre ceux se livrant à des enchantements pour les produire; la loi salique leur inflige une amende de quarante sous d’or.

138,
16 à 22, On n’a pas... préseruer.—Var. des éd. ant.: A qui a assez de loisir pour se rauoir et se remettre de ce trouble, mon conseil est qu’il diuertisse ailleurs son pensement ou qu’on luy persuade, qu’on luy fournira des contrenchantemens d’vn effect merueilleux et certain.

31, Test.—A la base du crâne.

140,
1, Resueillon.—Collation faite au milieu de la nuit, quand on veillait, fréquemment pratiquée alors, le souper ayant lieu d’ordinaire à 5 heures du soir; est encore, de nos jours, de pratique courante la nuit de Noël, mais avec en plus une idée de divertissement qui à l’époque n’en faisait pas partie intégrante.

32, Sacrifices.—Hérodote, II, 81, d’où le fait est tiré, dit que ce fut Laodice qui s’avisa de faire vœu à Vénus de lui ériger une statue, ce dont elle s’acquitta très fidèlement.

34, Mineuses.—Qui font des mines, des manières; minaudières.

35, Allumant.—Var. des éd. ant.: «Mais il faut aussi que celles, à qui legitimement on le peut demander, ostent ces façons ceremonieuses et affectées de rigueur et de refus, et qu’elles se contraignent vn peu, pour s’accommoder à la necessité de ce siecle malheureux», au lieu de: «Or elles ont... allumant».

35, Cotte.—Ce propos émane de Théano. Cf. Hérodote, I, 8.

142,
4 à 5, Qui luy... suiuantes.—Var. des éd. ant.: que cette frayeur s’en augmente et redouble à toutes les occasions suiuantes: et sans quelque contremine on n’en vient pas aisement à bout.

144,
13, Saint Augustin.—Dans la Cité de Dieu, XIV, 24; voir aussi le commentaire de Vivès sur ce passage.—Il y a vingt ou trente ans, un individu, tirant parti de cette même affection, affublé de la qualité de Pétomane, se donnait en spectacle à Paris; il en était arrivé à jouer certains airs.

25, Pouuoir.—Claude, empereur romain. Suétone (Claude, 32) dit seulement: Il méditait, assure-t-on, de rendre un édit «pour permettre de lâcher des vents à sa table», parce qu’il avait appris qu’un de ses convives avait pensé mourir pour s’être retenu devant lui. «Ne vous étonnez pas davantage, dit Rabelais, de celui-ci qui, pour retenir son vent et défaut de péter un mauvais coup, mourut subitement en présence de Claudius», origine probable de cette intention.